Person of Interest, Comme le Bon Vin ?

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POI

Person of Interest (POI pour les intimes) entame sa 4e saison en cette rentrée. L’occasion pour Soul Burger d’enfin consacrer un billet à la série créé par JJ Abrams (Lost, Star Trek, Fringe) mais aussi et surtout Jonathan Nolan. Le frère de Christopher Nolan avait déjà co-ecrit avec celui-ci sur Mémento, Dark Knight et Interstellar qu’on attend tous avec impatience. Avec Person of Interest, on pensait au départ à un énième procedural, c’est à dire une série qui a un concept de base et qui chaque semaine offre une nouvelle intrigue; les exemples ne manquent pas : Les experts, NCIS, Mentalist et j’en passe… Mais POI et Nolan ont créé un univers propre.

Dans l’Amerique post 11-septembre, Harold Finch (Michael Emerson), informaticien de génie, a créé une machine capable d’analyser les données de video-surveillance et d’anticiper les crimes, que ce soient des attentats terroristes mais aussi des meurtres plus “ordinaires”. La Machine (oui, avec un M) est utilisée par le gouvernement américain bien entendu. Mais le gouvernement ne se préoccupe que des attentats et non des crimes mineurs, alors Harold a décidé de mettre en place un canal de communication avec la Machine et d’agir pour empêcher ces crimes là. Le 1er hic : Harold est handicapé et doit se trouver un partenaire, un qui puisse agir sur le terrain. Il s’alliera à John Reese (Jim Caviezel), ex-CIA, au passé trouble. Le 2nd hic, c’est que la Machine fournit au duo l’identité d’une personne qui sera impliquée dans un crime, victime ou bourreau, ce qui offre des retournements de situation assez intéressants dans les épisodes.

Le pitch est simple et chaque semaine on a le droit à une nouvelle intrigue, du moins la série a débuté ainsi et laissé penser à beaucoup (moi y compris) à une série assez “banale” mais elle a su dépasser cela…

POI s’impose comme une série de très bonne facture, tout d’abord parce qu’elle a su développer ses personnages. Le duo Finch/Reese mais aussi des personnages au départ secondaires ou tout juste récurrents (Carter, Fusco, Root, Shaw etc…) donnent de la profondeur au récit. Surtout POI distille depuis le 1er épisode de la 1e saison une mythologie particulièrement intéressante et à vrai dire, on en attendait pas moins de Jonathan Nolan. L’existence de la Machine posait un grand nombre de questions et problèmes pragmatiques comme philosophiques : qui sont ceux qui opèrent la Machine pour le gouvernement ? Vont-ils tolérer que d’autres l’utilisent ? N’y a-t-il pas des personnes mal intentionnées qui souhaiterait prendre le contrôle de la Machine ? Comment la Machine choisit-elle les crimes “mineurs” et décide donc de qui doit être sauvé ? Les hommes doivent-ils obéir aveuglement aux instructions ? L’intelligence artificielle peut-elle développer ses volontés propres ? Etc… Ces questions sont apparemment balayées mais peu à peu, elles s’immisce dans les épisodes jusqu’à devenir le coeur de l’intrigue au dépens des crimes “mineurs” que nos héros avaient l’habitude de résoudre.

En somme, POI est une bonne série qui mérite d’être regardée et surtout de s’accrocher au delà de la 1e saison; car fait rarissime elle s’améliore avec le temps…

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