Hemingway – Pour Qui Sonne Le Glas

Rating:

Hemingway_glas
 

Hemingway excelle lorsqu’il s’agit d’écrire des récits plutôt courts, ses nouvelles ou un roman court comme Le viel homme et la mer sont de grande qualité. Pour qui sonne le glas est son oeuvre la plus longue, la plus ambitieuse et probablement la plus appréciée, mais toujours dans son style incisif et bref.

“Un homme intelligent est parfois obligé d’être saoul pour passer du temps avec les imbéciles.”

La décor est celui de la guerre civile espagnole. Le récit relate les 70 dernières heures de Robert Jordan, entre sabotages et lutte armée, il tombe amoureux de Maria. Robert est un personnage attachant, plein de contradictions : fort et vulnérable, décidé et hésitant. Maria, elle, est douce, enfantine, naïve. Robert comprend et accepte progressivement qu’il est condamné à mourir mais il vit son amour de toutes ses forces. Hemingway décrit aussi sans complaisance les actes violents perpétrés par les anti-facistes et offre une vision plus réaliste de la guerre. Bref et avare en mots, il développe pourtant allègrement son récit et décuple ces 70 heures. Il osera même être lyrique vers l’épilogue, fait rarissime chez lui.

“Le nerf principal a dû être écrasé pour de bon quand ce sacré cheval a roulé dessus, pensa-t-il. Ça ne fait vraiment pas mal du tout. Sauf dans les changements de position. Ça, c’est quand l’os pince quelque chose d’autre. Tu vois ? dit-il. Tu vois ce que c’est que la chance. Tu n’as même pas eu besoin de la tueuse de géants. Il tendit la main vers la mitraillette, sortit le chargeur qui était dans le magasin, en prit d’autres dans sa poche, regarda dans le canon, remit un chargeur en place, puis regarda vers le bas de la pente. Peut-être une demi-heure, pensa-t-il. Maintenant, ne t’en fais pas.”

Hemingway a été marqué par son engagement lors de la première grande guerre (il a été blessé sur le front italien en 1917) et son expérience de correspondant de guerre auprès de l’Armée Républicaine d’Espagne dans les années 30. Cela explique que souffrance, passion, victoires, déceptions, soient si vifs dans Pour qui sonne le glas. Un grand roman qu’on apprend à aimer au fil des pages…

Leave a Reply